Spam report, pénalité manuelle et concours SEO

Depuis le début du concours SEO Nextlevel, une vague pour ne pas dire un tsunami de pénalités manuelles submergent les sites participant au concours. Une pratique nouvelle sur les concours SEO (une première, je pense) mais qui marque aussi une tendance générale qui semblait pourtant échapper jusqu’à présent à la sphère SEO française.

Une pénalité manuelle, qu’est-ce que c’est ?

Tout est dans la définition même de l’intitulé, c’est une action d’un Quality Rater de Google qui va sanctionner votre site que ce soit de manière générale ou ciblée (sur un mot-clé ou sur une page). Globalement, il y a trois types « d’infractions » qui peuvent déclencher une pénalité manuelle, le netlinking agressif, le cloacking onsite ou du contenu de mauvaise qualité (a critère du QR). C’est donc particulièrement simple, si vous sortez des clous…. Google peut vous faire sortir de la route des SERPs.

Quel impact une pénalité manuelle peut-elle avoir ?

Il existe une échelle de sanctions qui va de la suppression de l’index de Google à la mise en place d’une sorte de boulet que votre site va traîner et qui l’empêchera de bien se positionner dans les SERPs sur l’ensemble des requêtes ou une en particulier. De plus, il est noté (mais pas confirmé) qu’une perte de jus au niveau des liens sortants sur un site sanctionné manuellement n’enverrait plus de jus SEO, mais sur ce point j’ai encore un doute (j’ai des tests personnels qui montrent le contraire). Il existe donc un véritable éventail de sanctions qu’il est encore aujourd’hui difficile d’identifier et de quantifier.

Mais dans la plupart des cas vous allez voir votre site chuter dans les SERPs de manière graduelle et relativement lente si vous ne faites rien pour corriger les « erreurs » et demander un réexamen de celui-ci. D’une certaine manière, Google vous laisse du temps pour corriger le tir et rendre conforme votre site et ne vous élimine pas tout de suite. Par contre, si vous ne faites rien après un ou deux mois, il y a de fortes chances que votre site soit totalement déclassé, voire absent des SERPs.

Corriger et demander un réexamen

La règle numéro un est de ne pas se précipiter pour faire une demande de réexamen, pour la simple et bonne raison que la première demande aura une réponse rapide et la deuxième (troisième, etc..) sera bien plus lente. Il faut donc corriger les erreurs sur le site, s’il s’agit d’un problème onsite. Il est relativement rapide de mettre en conformité l’ensemble pour faire une demande qui sera à même de recevoir une réponse positive. Par contre il faudra attendre la mise à jour du cache de Google pour en faire la demande.

S’il s’agit d’une pénalité manuelle concernant un spam-linking, la procédure est différente, supprimer les liens n’est pas suffisant. Il faut attendre que la Search Console soit actualisée pour faire votre demande, sinon celle-ci sera rejetée. C’est aussi le moment de faire un fichier de désaveu puisque c’est le moment où celui-ci sera utile et pris en compte par Google (dans tous les autres cas ce fichier ne sert à rien).

Dans tous les cas, prenez votre temps avant de faire votre demande de réexamen, une demande précipitée ne pourra qu’entraîner un rejet de Google.

Trucs & astuces : Si votre première demande a été rejetée et que votre site n’est pas trop stratégique, vous pouvez désindexer le site, changer de Search Console, attendre 15 jours et faire une nouvelle demande ; en procédant de cette manière, j’ai noté que cela fonctionnait plutôt bien, sauf si vraiment le profil de liens est trop spammy. Mais le changement de la Search Console semble bien fonctionner.

Comment votre site arrive t’il sous les yeux d’un quality rater de Google ?

Après ce petit tour d’horizon, vient la question centrale… Comment mon site termine-t-il dans les mains des QRs de Google ? Il existe probablement deux possibilités : la première, plus connue sous le nom de « spam report » et la deuxième, plus algorithmique. Le concours NextLevel ayant généré un volume de pénalités manuelles en dehors de toute normalité, c’est devenu un véritable champ de recherche sur le sujet avec des opinions très différentes les unes des autres.

Process et timing

Il est toujours difficile de connaitre le process interne de Google et le timing entre le lancement de l’alerte, son traitement et sa mise en œuvre. En temps normal, j’aurais tendance à dire qu’entre le moment où le problème est détecté et le moment où un QR regarde concrètement, il y a un laps de temps d’une dizaine de jours, mais je pense que cela est très relatif : Cela peut varier en fonction de la nature du problème remonté, de la SERP et du volume de « reports » que doit traiter le QR.

Par contre, une fois la sanction prise, il faut compter entre 24 et 48h pour voir les premiers effets de la sanction avec une chute sur les mots-clés principaux du site ou les mots-clés visés par la sanction.

Par la suite, et sans action, de la part du webmaster le site disparaitra des SERPs après un mois. Ce qui laisse à penser que Google considère que le délai raisonnable pour traiter le problème est de moins d’un mois.

Un algorithme ?

Pour beaucoup de SEO, il pourrait exister un algorithme d’alerte qui ferait remonter automatiquement les sites suspects ou douteux dans les mains des QRs pour les sanctionner ou pas. Ce serait des sites sur lesquels l’algorithme aurait un doute et où l’intervention humaine serait nécessaire, en fonction de différents critères : trop de liens en quelques jours, une difficulté dans le crawl, des 301 non légitimes etc…. En fait tout un univers d’incohérences qui ne déclencherait pas une pénalité automatique, mais qui pourrait générer le doute et donc une validation ou non d’un QR.

Un humain ?

Sur ce point cela est une certitude, le spam report existe et depuis les débuts de Google (c’est d’ailleurs, je crois, le premier formulaire mis en place par Google). Le processus en soi est particulièrement simple, il s’agit de remplir un formulaire, avec une URL, un ou des mots-clés, quelques exemples de pages à incriminer (interne ou externe), et un simple bouton « envoyer ».

Ce qu’il faut bien voir c’est que la pratique du spam report n’était pas dans les mœurs des SEO FR (jusqu’à aujourd’hui), alors que la pratique est plus usitée aux US ou dans les pays anglo-saxons.

Un QR directement ?

Les QRs de Google peuvent directement intervenir sur une SERP lorsque celle-ci est sous surveillance. Il s’agit en général de SERPs stratégiques (politique, économique etc…) ou sur des mots-clés à fortes demandes SEA par exemple (rachat de crédit, mutuelle, assurance…). Sur ces SERPs il est clair que Google, dans un souci de qualité, filtre manuellement les sites qui dépassent certaines bornes au niveau des techniques onsite ou offsite.

Sur concours filtre, algorithme, QR en direct ou participant ?

Un petit focus sur le concours pour essayer de comprendre comment cette vague de pénalités sanctionne autant de participants. Cette vague est totalement inusuelle et donc mérite un focus spécifique.

Que la SERP soit sous surveillance de Google c’est clair nous avons tous vu passer dans nos logs des visiteurs de Google (Paris, Zurich ou Dublin), mais pour autant s’agit-il de QRs de Google qui vont pénaliser à tour de bras les sites du concours ? Pas que… Loin de là, pour Google ce concours est un parfait champ d’études du spam onsite et offsite, il en profite.

Les QRs qui s’occupent de mettre les pénalités sont d’autres personnes, très probablement isolées du reste des services et même si l’information remonte, je ne vois pas de pénalités globales sur l’ensemble des sites. Il y a même un facteur aléatoire dans les sanctions. On a vu des sites tomber très rapidement durant le concours, d’autres tenir plus longtemps et certains passer à travers jusqu’à aujourd’hui.

C’est en grande partie pour cela que je pense que sur ce concours c’est le spam report manuel qui fait office de déclencheur de la pénalité, un algorithme ou une SERPs sous surveillance par les QRs ne fonctionnerait pas de la sorte, il y aurait alors une systématisation des sanctions ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

De plus la nature même du concours pousse à me laisser penser cela, des concurrents frustrés, des SEO, qui veulent tester le pouvoir de nuisance d’un spam report ; un concours SEO est donc un terrain de jeu idéal pour cela.

Le spam report : la délation 2.0 ?

Je ne vais pas ouvrir le débat sur ce point, car il touche à l’éthique, aux US le spam report n’a pas la même presse qu’en France, c’est clairement un point de vue au niveau presque culturel, mais qui semble évoluer aujourd’hui.

Pour conclure (ou ouvrir) ?

Le spam report est l’une des activités les plus anciennes du web, c’est pour moi la première fois que je le vois être utilisé de manière aussi importante. Pour autant, je ne crois pas que cela devienne un outil d’utilisation massive dans l’avenir ; cela restera toujours à la marge pour des questions culturelles très probablement, mais sur ce concours il est devenu une arme létale pour bon nombre de participants et c’est bien dommage et regrettable que les enjeux tuent à ce point le jeu.